Jeudi 24 janvier 2008 4 24 01 2008 16:47

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C’est arrivé près de chez vous… Dans mon école.

Ce matin, à 8h20, en pénétrant dans la classe de ma collègue gréviste afin d’accueillir ses élèves et de les répartir, quelle ne fut pas ma surprise de voir, assises sur les tables, les pieds sur les chaises, 5 animatrices du CLSH…
J’ai d’abord cru que, sachant la classe vide, elles s’étaient autorisées une juste pause avant d’entamer une longue journée de labeur...

-Bonjour Mesdemoiselles.  Navré, mais il ne faut pas rester ici, ce n’est pas un salon où l’on cause, mais une classe… et nous l’ouvrons !

-Mais, nous sommes justement là pour accueillir les élèves et organiser le service min…

Celle qui avait pris la parole n’a pas eu le temps de finir sa phrase.
Sur un autre ton, beaucoup moins badin, je lui ai intimé l’ordre de déguerpir, avec ses collègues et vite !

Juste le temps de me dire où je pouvais trouver le responsable de cette pantalonnade.

- Dans la cour des primaires, monsieur.
- Des élémentaires ! Ai-je eu le temps de corriger avant qu’elles ne s’éclipsent.

Accueil : 7 élèves se présentent, conforme à nos prévisions, la répartition est vite faite, je peux aller voir le « responsable »  dans la cour de l’école élémentaire.

Là, la situation est abracadabrantesque (oui, oui !).
3 enseignants regroupés dans un coin de cour, l’air un tantinet renfrogné, tournant ostensiblement le dos à  8 cardigans avec capuche et 1 parka, tous aux couleurs de la commune : l'uniforme du CLSH.
Des élèves tout autour crient  et s’amusent.

Je salue mes collègues et me dirige vers le « parka » pour avoir, enfin, quelques explications :
-Nous sommes là, sur ordre du Maire, pour assurer l’accueil des enfants dont les enseignants sont absents du fait de la grève.

Beaucoup d’aplomb, cette belle assurance de celui qui exécute clairement des instructions clairement données… Celle-la même qui me manque.

Moi, déjà pas à ma place en élémentaire, sans aucun filet rassurant de ma hiérarchie, juste ma conviction qu’il est dangereux d’accepter qu’un accueil puisse s’organiser sans que le Directeur n’y soit associé, je redis mon  interdiction formelle à ce que toute personne extérieure au service n'intervenienne dans mon l’école, pendant le temps scolaire, sans mon agrément.
De retour dans mon bureau (c’est mon jour de décharge), et avant de m’atteler aux nombreuses tâches qui m’attendent, je relis le courrier de M.Darcos aux Maires, car il m’avait bien semblé comprendre que l’expérimentation de ce service d’accueil ne concernait que les écoles fermées.

Non, j’avais mal lu, ou trop bien écouter la télé.
« …durant les heures normales d’enseignement (généralement 6heures) et dont le professeur est absent. »
J’ai quand même pris le temps de voir le Maire pour convenir  avec lui de la nécessité de me tenir au moins informé.

Mais dois-je lui en vouloir ?
Pas vraiment, à force de nier notre rôle, de nous refuser la moindre reconnaissance, nous n’existons pratiquement plus.
Résultat, le ministre demande aux Maires de se mettre directement en relation avec les IA pour l’organisation d’un service dans l’école, pendant le temps scolaire, alors que le texte de 89 précise :
-Le directeur veille au bon fonctionnement de l'école
-il fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires pour les heures et périodes au cours desquelles ils sont utilisés pour les besoins de l'enseignement et de la formation.
-Il organise le travail des personnels communaux en service dans l'école qui, pendant leur service dans les locaux scolaires, sont placés sous son autorité.
-Il prend toute disposition utile pour que l'école assure sa fonction de service public.
-Il représente l'institution scolaire auprès de la commune et des autres collectivités territoriales.
-Il  est l'interlocuteur des autorités locales.



Écrire apaise…
Sans se prononcer sur le fond, reste qu’il est scandaleux de voir nos chefs de service nous laisser patauger sans  nous donner un outil officiel, un protocole indiquant clairement  la conduite à suivre en cas de grève.

Le directeur n’a pas le pouvoir de fermer une école, un enseignant n’a pas obligation d’accueillir les élèves d’un collègue absent, c’est le directeur qui prend toute disposition utile pour que l'école assure sa fonction de service public…
Alors quoi?
>Comment se répartissent les responsabilités ?
>Et plus précisément, en avons-nous ?
>Si oui, lesquelles ?

À ce sujet la lecture de la fiche pratique N°8 de L’Autonome (l’assurance qui nous défend devant les tribunaux), est intéressante :

Accueil des élèves en cas de grève
http://www.autonome-solidarite.fr/includes/content_jdm_framework/contenus/fichiers/el_1687_fichier_1/FP%208_Greves.pdf

La présence des élèves oblige le(la) directeur(trice) à être présent à l’ouverture et à la fermeture des locaux en raison de son obligation de sécurité sur les locaux scolaires.

On sait, depuis peu, que l’on peut nous retirer 1/30 du mois pour « service non fait » alors que nous assurons notre service…

Et chez vous, c’était bien?




Par Deleuze Pierre - Publié dans : Actualité
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